5 ans de prison ferme pour Nicolas Sarkozy:  : suite et fin sur les faits de l'affaire Sarkozy-Kadhafi.

5 ans de prison ferme pour Nicolas Sarkozy: : suite et fin sur les faits de l'affaire Sarkozy-Kadhafi.

L'affaire Sarkozy-Kadhafi (ou affaire du financement libyen de la campagne présidentielle de 2007) est une affaire politico-financière internationale dans laquelle Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur français aurait été soutenu financièrement par le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi pour sa campagne à l'élection présidentielle française de 2007. En contrepartie, Sarkozy aurait servi les intérêts de Kadhafi, notamment en œuvrant à sa réhabilitation sur la scène internationale, après des années d'isolement liées au rôle de la Libye dans des actes terroristes. Voici la suite et fin de cette affaire d'état.Photo collage Kadhafi-Sarkozy

Affaire des courriels d'Hillary Clinton.

En 2015, une série de courriels de l'ancienne secrétaire d'État américaine Hillary Clinton est rendue publique et dévoile des documents relatifs à l'intervention française en Libye: un collaborateur journaliste, qui tiendrait ses informations d'un ancien agent de la CIA, qui lui aurait fourni une analyse a envoyé une mémo listant cinq facteurs motivant l’engagement du président Nicolas Sarkozy à mener cette guerre : « un désir d’obtenir une plus grande partie du pétrole libyen ; accroître l’influence française en Afrique du Nord ; améliorer sa situation politique intérieure en France ; offrir à l’armée française une chance de rétablir sa position dans le monde ; et répondre à l’inquiétude de ses conseillers concernant les plans à long terme de Kadhafi de supplanter la France comme puissance dominante en Afrique de l’Ouest » — le gouvernement voit notamment d'un mauvais œil le projet de Kadhafi d'introduire une nouvelle devise panafricaine pour supplanter le Franc CFA, basée sur le dinar or libyen et appuyée par des réserves secrètes d'or d'une valeur de 7 milliards de dollars. Cette analyse est, en partie, partagée par la Commission des affaires étrangères du Parlement britannique en 2016.

Un autre mémo, daté du 5 mai, évoque des vols humanitaires organisés mi-avril 2011, qui auraient compté parmi les passagers des cadres de Total, de Vinci, et de l'EADS. Bernard-Henri Lévy, intermédiaire entre le président français et les insurgés, aurait fait savoir aux responsables du Conseil national de transition (CNT) qu’ils « avaient une dette envers la France au vu de son soutien précoce et que Sarkozy avait besoin de quelque chose de tangible à présenter aux leaders politiques et économiques français ». Selon une note de septembre 2011, Nicolas Sarkozy aurait exhorté les Libyens à réserver 35 % de leur industrie pétrolière à des entreprises françaises, en particulier Total. Alors que la France représentait 9,7 % des exportations libyennes en 2012, elle devient en 2014 le deuxième client de la Libye, avec 13,1 % des exportations. Elle devance alors la Chine (qui voit sa part des exportations chuter de 12,4 % à 4 % dans le même temps) ainsi que l'Allemagne, mais reste derrière l'Italie, ancienne puissance coloniale du pays. En 2013, le pétrole représentait 97,31 % des exportations libyennes.

Accusations de Kadhafi et sa famille avant l'intervention militaire en Libye.

En mars 2011, peu avant l'intervention militaire en Libye, Mouammar Kadhafi affirme que Nicolas Sarkozy l'a trahi dans une interview non-publiée du Figaro (diffusée par France 3 en 2014). Il déclare « C'est nous qui lui avons fourni les fonds qui lui ont permis de gagner les élections. […] Il est venu me voir alors qu'il était ministre de l'Intérieur. Il m'a demandé un soutien financier. Et on l'a soutenu ». Accusations confirmées par Saïf al-Islam, fils de Kadhafi.

Le 16 mars 2011, dans un entretien accordé à la chaîne Euronews, Saïf al-Islam Kadhafi accuse le président de la République française d'avoir reçu de l'argent libyen. Il déclare à cette date : « Tout d'abord, il faut que Sarkozy rende l'argent qu'il a accepté de la Libye pour financer sa campagne électorale. C'est nous qui avons financé sa campagne, et nous en avons la preuve. Nous sommes prêts à tout révéler. La première chose que l'on demande à ce clown, c'est de rendre l'argent au peuple libyen. Nous lui avons accordé une aide afin qu'il œuvre pour le peuple libyen, mais il nous a déçus. Rendez-nous notre argent. Nous avons tous les détails, les comptes bancaires, les documents, et les opérations de transfert. Nous révélerons tout prochainement ».

En janvier 2025, Saïf al-Islam Kadhafi réitère ses accusations contre Nicolas Sarkozy, concernant cette transaction rapportées par Radio France Internationale. Selon ses déclarations, des valises d'argent ont été remises à Claude Guéant par l’intermédiaire d’Alexandre Djouhri, l'argent étant transmis par Béchir Saleh. Il rappelle qu’il avait transmis en 2018 son témoignage au juge Serge Tournaire.

Déroulement judiciaire pour Nicolas Sarkozy.

Le 20 mars 2018, Nicolas Sarkozy est placé en garde à vue dans les locaux de l'office anticorruption (OCLCIFF) de Nanterre. Le 21 mars 2018, après plus de 30 heures de garde à vue, Nicolas Sarkozy est mis en examen pour « corruption passive, financement illicite de campagne électorale et recel de détournement de fonds publics libyens » et est également placé sous contrôle judiciaire. L'ancien chef d'État déclare le même jour: « Les faits dont on me suspecte sont graves, j’en ai conscience. Mais si comme je ne cesse de le proclamer avec la plus totale constance et la plus grande énergie, si c’est une manipulation du dictateur Kadhafi ou de sa bande, ou de ses affidés, dont Takieddine fait à l’évidence partie, alors je demande aux magistrats que vous êtes de mesurer la profondeur, la gravité, la violence de l’injustice qui me serait faite ».

Le 16 octobre 2020, Nicolas Sarkozy est mis en examen pour association de malfaiteurs après le rejet par la cour d’appel de Paris le 24 septembre 2020 des recours déposés par Nicolas Sarkozy et ses co-accusés, et après quatre jours d’audition par le Parquet national financier (PNF).

À l'issue du procès et du prononcé du jugement, le 25 septembre 2025, Nicolas Sarkozy est déclaré coupable d'association de malfaiteurs. Il est condamné à cinq ans de prison avec mandat de dépôt à effet différé, 100 000 euros d’amende et à une interdiction de ses droits civiques, civils et de famille pendant cinq ans, ainsi qu’à une inéligibilité de cinq ans. Il n'est en revanche pas condamné pour corruption, financement illégal de sa campagne présidentielle de 2007, enrichissement personnel qui faisaient l'objet de l'instruction judiciaire à son encontre. Le mardi 21 octobre 2025, Nicolas Sarkozy est alors incarcéré à l'isolement à la Prison de la Santé à Paris, en France.

Adjuvant KRIBIOS-KAUTA 


À suivre