Blessé par les raids de l'OTAN, capturé et livré aux rebelles, torturé, lynché et tué... Coup d'œil sur les circonstances de la mort du Guide Mouammar Kadhafi.

Blessé par les raids de l'OTAN, capturé et livré aux rebelles, torturé, lynché et tué... Coup d'œil sur les circonstances de la mort du Guide Mouammar Kadhafi.

À partir de février 2011, son pouvoir, en place depuis plus de 41 ans, est menacé par une contestation populaire dans le contexte du Printemps arabe. La répression qu'il exerce la transforme rapidement en insurrection armée, puis en guerre civile. Le régime de Kadhafi affronte également l'OTAN, qui mène une intervention militaire en Libye à partir de mars 2011. En août, Mouammar Kadhafi doit fuir la capitale Tripoli, tombée aux mains de l'Armée de libération nationale lors de l'opération Aube de la sirène. Le 20 octobre 2011, il est capturé, torturé et tué dans les environs de Syrte. Les affaires politico-financières qui entourent sa chute sont connues en France comme l'affaire Kadhafi, qui mène à l'incarcération de l'ancien président Nicolas Sarkozy en octobre 2025. Coup d'œil sur les circonstances de la mort du Guide Kadhafi.

Le 24 août 2011, le CNT annonce que des hommes d'affaires offrent deux millions de dinars libyens (soit 1,2 million d'euros) à qui ramènera le colonel Kadhafi mort ou vif. La prime est assortie d'une amnistie et d'un pardon général, quels que soient les crimes commis, si le colonel Kadhafi est arrêté ou tué par l'un de ses proches. Le 9 septembre, à la demande de la CPI, Interpol émet un mandat d'arrêt contre Mouammar Kadhafi, Saïf al-Islam Kadhafi, et Abdallah Senoussi.

Le 20 octobre 2011, alors que Mouammar Kadhafi quitte Syrte, dernier bastion tenu par ses partisans, son convoi est obligé de changer de route par un tir des avions de l'OTAN, puis se retrouve piégé dans une embuscade orchestrée par la rébellion. Il est capturé vivant mais sa mort est finalement annoncée par un haut responsable militaire du CNT un peu plus tard dans la journée. Des images de la capture de Kadhafi montrent ce dernier, visiblement hagard et le visage ensanglanté, en train d'être malmené et frappé par les combattants rebelles ; l'un d'eux semble essayer de le sodomiser avec un bâton ou une baïonnette tout en le faisant avancer. Mahmoud Jibril, numéro deux du CNT, explique que Mouammar Kadhafi a été mortellement blessé lors d'échanges de tirs, mais dit ignorer qui a tiré le coup mortel. Les corps de Mouammar Kadhafi et de son fils Moatassem, tué lui aussi le 20 octobre à Syrte, sont exposés le 21 octobre à Misrata.

Dans son ensemble, la communauté internationale salue la mort de Kadhafi. Mais le déroulement exact des circonstances de son décès, qui restent confuses, donne lieu à une polémique, ce qui conduit le président du CNT, Moustafa Abdel Jalil, à annoncer le 24 octobre l'ouverture d'une enquête sur la mort du "Guide". Human Rights Watch publie en octobre 2012 un rapport estimant que Kadhafi a été exécuté après sa capture, et non tué dans un échange de tirs ; l'ONG accorde foi aussi à la version selon laquelle l'ancien dirigeant aurait eu l'anus poignardé avec une baïonnette après sa capture.

Le 25 octobre 2011, à l'aube, Mouammar Kadhafi et son fils Moatassem sont inhumés dans le désert libyen, dans un lieu tenu secret.

En septembre 2012, Mahmoud Jibril donne une autre version de la mort de Kadhafi en affirmant que c'est un agent étranger, probablement français, qui l'aurait tué : cette version est reprise par Rami El Obeidi (ex-responsable des relations avec les agences de renseignements étrangères du CNT) et certains diplomates européens en Libye. Des rumeurs en provenance de Libye affirment que l'opération aurait été menée pour éviter tout interrogatoire de Kadhafi au sujet de ses liens avec Nicolas Sarkozy, voire que Bachar el-Assad aurait prêté main-forte aux Français pour localiser Kadhafi. Gérard Longuet, ministre de la Défense français à l'époque des faits, dément catégoriquement que Kadhafi ait pu être tué par un agent français, et souligne que « La Libye est un pays où courent toutes sortes de rumeurs et de supputations sans fondement ». L'analyste français Éric Denécé considère cette thèse comme absurde et met en doute la crédibilité de Jibril et El Obeidi, dont il juge que l'un et l'autre tentent d'attirer l'attention pour revenir dans le jeu politique.

En novembre 2019, le journaliste Alfred de Montesquiou réalise un reportage dans lequel il indique que c'est Sana al-Sadek, un rebelle de 19 ans présent dans l'ambulance, qui l'a exécuté de deux balles tirées à bout portant. Sana al-Sadek publie ensuite une vidéo dans laquelle il déclare : « c’est moi, j’ai tué Kadhafi ! ». Pour preuve de son acte, il exhibe une énorme bague en or qu'il présente comme étant le sceau de commandement de Kadhafi.

Mais, en septembre 2025, l'ancien président français Nicolas Sarkozy est condamné à 5 ans de prison ferme pour association de malfaiteurs dans le cadre de l'affaire Kadhafi. L'ancien ami du Guide est alors incarcéré à l'isolement à la Prison de la Santé à Paris (France), une détention inédite dans l’histoire de la République de France.

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À suivre