Les musiques congolaises: coup d'œil sur le cavacha, un sébéne rythmé joué à la guitare et à la batterie, inspiré d'un train en mouvement.
Les musiques congolaises ont été les plus populaires pendant plus de 70 ans, même si, aujourd'hui, elles sont détrônées par d'autres musiques africaines, ses dérivées d'ailleurs: Afrobeats, Naija, Bongo Music et Zouglou. Parmi elles, nous pouvons citer Rumba congolaise, Ndombolo, Soukous, Cavacha ou Sebene, Mutuashi et folkloriques des ethnies de deux rives du Congo. Kribios Universal vous parle du sébéne rythmé joué à la guitare et à la batterie, le Cavacha, genre musical inspiré d'un train en mouvement.
Le Cavacha tire ses racines toujours dans les musiques congolaises plus rapides. L'on ne cessera de le rappeler aux mélomanes que, dans les années 40 et 50, la rumba “Congolaise”, jusqu’alors jouée traditionnellement avec la sanza et le lokole, est modernisée par un groupe de pionniers qui transformèrent sa structure musicale avec l’introduction de la guitare électrique, des congas et des cuivres. Il y avait alors une certaine influence de la musique Cubaine de l’époque – rumba, son et cha-cha-cha – et l’apport de sons régionaux et folkloriques des paysans qui migraient vers les villes.
La rumba congolaise changea notamment sous l’impulsion créatrice de Joseph Kabasele “le Grand Kalle” et les membres de son groupe African Jazz. Tabu Ley Rochereau, Mwamba Déchaud, Tino Barroza et Nicolas Kasanda (alias Dr. Nico) vont tous également jouer un rôle important dans cette musique. D’autres formations contribuèrent à l’essor de cette musique surtout urbaine : l’OK Jazz (1956) de Franco Luambo Makiadi, les Bantous de la Capitale (1958), l’African Fiesta de Tabu Pascal Ley (1963) (plus tard connu sous le nom de Tabu Ley Rochereau). Leur inventivité et la vitalité de la scène locale firent de la rumba la marque de fabrique musicale du Congo, la première “musique de danse” panafricaine.
Par ailleurs, la création du groupe Zaïko Langa Langa Tout Choc Anti-Choc en décembre 1969, oriente le propos ailleurs avec le Cavacha. Il s'agit d'un sébéne rythmé joué à la guitare et à la batterie, inspiré d'un train en mouvement. Parmi les membres de ce groupe, on compte Félix Manuaku Waku, Papa Wemba, N'Yoka Longo, Evoloko Jocker et Meridjo Belobi, pour ne citer qu'eux.
Le cavacha, également connu sous le nom de masini ya Kauka ou machine ya Kauka, est un type de rythme de batterie créé en 1971 par Meridjo Belobi et Pépé Felly Manwaku. C'est un rythme rapide généralement joué sur un kit de batterie, souvent avec la caisse claire ou le charleston.
C'est d'abord l'idée venue d'Evoloko Jocker lors d'un voyage en train de Brazzaville à Pointe Noire au Congo Brazzaville. Le musicien a chanté tout au long du voyage sur le rythme du train. De retour à Kinshasa, Meridjo a proposé au groupe de créer un nouveau rythme musical basé sur le son d'un train. Tout le monde était d'accord et a travaillé dessus. Le résultat fut la naissance du CAVACHA. Localement en République Démocratique du Congo (à l'époque du Zaïre), le rythme cavacha est aussi appelé masini ya Kauka (signifiant littéralement en lingala : « le moteur de Kauka »), parce que le son produit par le rythme cavacha est similaire au bruit d'un train. Kauka est un quartier de la ville de Kinshasa où Meridjo Belobi est né et a grandi, mais aussi là où siège la société de transport Onatra, qui exploite des ferries et des trains.
Des groupes Zaïrois tels que Zaïko Langa Langa et Orchestre Shama Shama ont popularisé cette forme de rythme dans les années 1960 et 1970. Le rythme a été fortement repris dans d'autres genres musicaux africains tels que le Coupé-Décalé, le highlife ainsi que le Zoblazo.
Adjuvant KRIBIOS-KAUTA
À suivre