Rachel Butacha s'interroge : "La paix en RDC reste-t-elle une illusion ?"
Très inquiète sur la situation actuelle dans la partie Est du géant Congo, la jeune activiste militante du mouvement citoyen Filimbi, Rachel Butacha, s'interroge après les accords signés à Washington comme à Doha.
La situation sécuritaire dans la partie Est du géant Congo devient de plus en plus humiliante. L'on ne croît à personne. L'on se demande si : "ces accords jouent le double jeu sur le territoire congolais... Ou du mascarade ?" ces questions de Rachel Butacha, comme la plupart de congolais interviennent après l'accord de Washington, un traité de paix visant à mettre fin au conflit entre la république démocratique du Congo et le Rwanda, signé le 27 juin 2025 à Washington, aux États-Unis d'Amérique avec comme signataires: Thérèse Kayikwamba Wagner (RDC) et Olivier Nduhungirehe (Rwanda) sous l'égide du secrétaire d'État Marco Rubio (USA). Cet accord est paraphé le jeudi 4 décembre toujours à Washington entre les présidents Tshisekedi et Kagame avec comme parrain Donald Trump. Mais, rien ne change sur le terrain ! Malgré la multiplication des initiatives de paix, les déplacements de population liés à ce conflit se poursuivent.
L’est de la RDC plus que jamais en proie à la guerre.
Les populations Kivutiennes n’ont guère eu le temps de se réjouir de la signature en grande pompe. Inimaginable, seulement cinq jours plus tard, Uvira – 700 000 habitants – est tombé aux mains de l’Alliance fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23), pilotée par l’armée rwandaise.
Après Goma – la capitale régionale du Nord-Kivu, tombée le 29 janvier – puis Bukavu, son équivalent au Sud-Kivu, la prise d’Uvira, plus au sud, qui faisait office de capitale par défaut, marque la conquête la plus significative de la rébellion depuis mars 2025.
Sur le terrain, la signature intervient dans un contexte de forte dégradation sécuritaire. Depuis le début de l’année, l’offensive du M23 a rebattu les cartes militaires dans l’est du pays. Le groupe armé se réclamant de la défense des Tutsis congolais et soutenu par l’armée rwandaise contrôle désormais de larges pans du Grand Kivu.
Les combats contre les forces armées congolaises ont forcé des centaines de milliers de civils à fuir leurs localités, aggravant une crise humanitaire déjà profonde. Routes coupées, aéroports fermés, bombardements et violences sexuelles utilisés comme arme de guerre ont accru l'instabilité d'une région dont les équilibres demeurent précaires depuis les guerres du Congo des années 1990.
Un accord politique confronté à la réalité du terrain.
Les accords de Washington s’ajoutent aux tentatives de désescalade engagées ces derniers mois. Le 19 juillet, à Doha, le gouvernement congolais et le M23 avaient adopté une déclaration de principes. Aucun de ces textes, toutefois, n’a débouché sur une réduction tangible des combats.
À la menace posée par le M23 s’ajoutent plusieurs acteurs armés qui alimentent un climat d’insécurité généralisée. Dans le Nord-Kivu, les Forces démocratiques alliées (ADF), milice d’origine ougandaise affiliée à l’organisation État islamique, ont multiplié les attaques meurtrières ces dernières semaines. Dans l'Ituri voisine, les milices CODECO poursuivent leurs offensives contre les populations civiles. Les groupes d’autodéfense Wazalendo, mobilisés en soutien à Kinshasa, sont eux aussi accusés de nombreuses exactions.
Malgré la présence d'environ 14 000 Casques bleus de la mission onusienne de maintien de la paix (MONUSCO), les capacités de stabilisation demeurent limitées. Les rivalités régionales, l’accès aux ressources minières et l’absence de mécanismes de sanction crédibles continuent de nourrir la dynamique de violence.
Pour l’heure, rien n’indique que la signature de Washington permettra une désescalade rapide. Les lignes de front autour de Rutshuru, Sake, Minova ou Masisi restent actives.
Bien que, le Secrétaire Général réaffirme que la MONUSCO est « prête à continuer de soutenir tous les efforts visant à instaurer une paix et une stabilité durables en RDC et dans la région », mais sur les collines du Kivu, l’impact de l’accord reste à démontrer.
Entre la diplomatie menée dans les salons de Washington et la réalité mouvante du terrain, le décalage demeure profond. Le texte existe désormais ; la paix, elle, reste à construire.
Bizarrement, au lieu d'une avancée vers la paix, comme nous l'avons vu sous la direction du président Trump ces dernières semaines, le Rwanda mène la région vers plus d'instabilité et vers la guerre.
Les populations Kivutiennes sont profondément inquiets et de plus en plus déçus de ce regain de violences. Chaque jour l'on ne cesse de répéter les refrains de la chanson sauvage "Le Rwanda agresse la RDC": "Les forces de défense rwandaises fournissent un soutien matériel, logistique et en termes d'entraînement et se battent aux côtés du M23 en RDC avec environ 7.000 à 10.000 troupes, sans compter une possible augmentation lors de la nouvelle offensive du M23 en cours."
L'implication directe ou indirecte de forces et de groupes armés en provenance de pays voisins ainsi que les mouvements transfrontaliers de populations déplacées et de combattants, accroissent considérablement le risque d'un embrasement régional.
Deux ou trois questions nous viennent en tête : "la communauté internationale est-elle complice ? La paix en République Démocratique du Congo reste une illusion ? Ou encore " Par où finira cette guerre ? "...
Texte et propos de Rachel BUTACHA.
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