Retour sur l'assassinat de Saïf al-Islam Kadhafi, homme politique libyen et fils héritier du Guide Mouammar Kadhafi.

Retour sur l'assassinat de Saïf al-Islam Kadhafi, homme politique libyen et fils héritier du Guide Mouammar Kadhafi.

L’hypothèse d’un retour sur la scène du fils du Guide Mouammar Kadhafi (1942-2011) est désormais levée. Des photos circulant sur les réseaux sociaux libyens montrent le cadavre ensanglanté à l’arrière d’un pick-up Toyota, à peine dissimulé par une couverture. Les gardiens des lieux, Ajmeri Al-Atiri, chef de la milice locale Abou Bakr Al-Siddiq, ainsi que son fils Mohammed, ont également péri dans l’assaut, selon une source tripolitaine. Les assassins se sont volatilisés et on en ignorait, mardi soir 3 février, l’identité et, a fortiori, les motivations, laissant les Libyens en proie aux spéculations les plus débridées.

Saïf al-Islam Kadhafi est un homme politique libyen, né le 25 juin 1972 à Tripoli dans le complexe fortifié de Bab al-Azizia. Second fils de Mouammar Kadhafi, dirigeant de la Jamahiriya arabe libyenne, il est le premier enfant issu du mariage de ce dernier avec sa seconde épouse Safia Farkash. Son prénom signifie, en arabe, « le glaive de l'islam ». Près de quinze ans après la chute de Mouammar Kadhafi, son fils Saïf Al-Islam a été assassiné le mardi 3 février dans sa résidence de Zinten, dans l’ouest de la Libye.

Plus de 50.000 personnes aux funérailles du fils de Kadhafi

Abattu par quatre hommes masqués, alors que les caméras de surveillance de sa résidence avaient été désactivées, Saïf al-Islam Kadhafi, âgé de 53 ans, a été inhumé vendredi 6 février dans la ville de Beni Walid, au sud de Tripoli (Libye). Une foule s'est rassemblée au sud de Tripoli pour les obsèques du fils du Guide Kadhafi.

Une enquête a été ouverte sur l’assassinat de Saïf 

Le parquet en Libye a annoncé, mercredi 4 février, avoir ouvert une enquête sur l’assassinat, la veille, de Saïf Al-Islam Kadhafi. Des images de son corps ont circulé sur les réseaux sociaux, mais l’identité des auteurs et leurs motivations restent inconnues.

D’après l’avocat de Saïf Al-Islam Kadhafi, un « commando de quatre hommes a pris d’assaut la maison après avoir neutralisé les caméras de surveillance, avant de l’exécuter par balle ». Depuis plusieurs années, le fils du dictateur déchu menait une vie discrète. Sa dernière apparition publique remontait à 2021, lorsqu’il avait présenté sa candidature à l’élection présidentielle.

Figure de l’ancien régime, il restait un acteur politique gênant malgré son retrait relatif. Certains experts estiment qu’il représentait un recours capable de perturber l’équilibre entre le camp de l’Est, dominé par la famille du maréchal Khalifa Haftar, et les forces de l’Ouest liées au gouvernement de Tripoli, qui se disputent le pouvoir depuis 2014, dans un pays plongé dans l’instabilité.

L’énigmatique fils du Guide incarnait un recours controversé face à la déliquescence de la Libye, quinze ans après la révolution de 2011. Il n’était plus qu’un fantôme, une figure nimbée de mystère, recluse en quelques recoins du djebel Nefoussa, entre deux escapades plus ou moins clandestines dans les sables du Fezzan (Sud libyen), survivant précaire et mythique d’un régime déchu vers lequel convergeaient quelques velléités de restauration.

Président de la Fondation internationale Kadhafi pour la charité et le développement, il est dans les années 2000 l'un des principaux émissaires de la Jamahiriya au niveau international. Partisan déclaré d'une réforme du système politique libyen, il est souvent présenté comme un successeur potentiel de son père. Il anime un mouvement – « La Libye de demain » – autour de son projet de « changement » auxquels se joignent les plus modérés du régime, ainsi qu'une partie de l’opposition.

Dès le début de la guerre libyenne de 2011, Saïf al-Islam Kadhafi se fait l'avocat d'une ligne dure face aux contestations, contredisant l'image de réformateur dont il jouissait jusque-là. Après la prise de Tripoli par les forces du CNT, puis la chute des derniers bastions kadhafistes, il passe dans la clandestinité. Sous le coup d'un mandat d'arrêt émis par la Cour pénale internationale et Interpol pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité, il est arrêté dans le Sud de la Libye, puis condamné à mort en 2015, et emprisonné à Zintan, dans le djebel Nefoussa.

Libéré en 2017, il annonce par la suite son intention de se présenter à l'élection présidentielle prévue en 2021, pour laquelle il était l'un des favoris, ce qui conduit le pouvoir libyen à reporter continuellement le scrutin. En février 2026, tout s'éteint pour lui qui rêvait regner sur La Libye.

Paix à l'âme du fils du Guide Mouammar Kadhafi.

Adjuvant KRIBIOS-KAUTA


À suivre