Saadi Kadhafi dans la casquette d'homme d'affaires et militaire lybien.
Saadi Kadhafi est un homme d'affaires, militaire, dirigeant sportif et ancien footballeur professionnel libyen. Comme ses demi-frères, il exerce diverses fonctions au sein de l'appareil d'État de la Jamahiriya arabe libyenne. Impliqué dans le football, une rivalité semble l'avoir opposé à son demi-frère aîné Mohamed entraînant une trentaine de morts. Après la chute du régime du Guide Mouammar Kadhafi (son père) en août 2011, Saadi Kadhafi, recherché par les nouvelles autorités libyennes et par Interpol, se réfugie au Niger. Il est finalement extradé vers la Libye en mars 2014. Après sept ans de détention dans un centre pénitentiaire de Tripoli, il est libéré le 5 septembre 2021.
Al-Saadi Muammar Kadhafi est né le 25 mai 1973 à Tripoli. Il est le troisième fils de Mouammar Kadhafi, et le second enfant après Saïf al-Islam, issu du mariage de ce dernier avec sa seconde épouse, Safia Farkash. Passionné par le football, Saadi Kadhafi a joué principalement en Italie et dans l'équipe nationale libyenne. Sa carrière de joueur professionnel prend fin en 2007.
Homme d'affaires et militaire
Revenu en Libye, Saadi Kadhafi se lance dans les affaires. Il mène divers projets ambitieux et, en 2006, annonce une recherche d'investisseurs étrangers pour participer à la construction d'une nouvelle ville en Libye, censée tenir un rôle de zone économique spéciale, comparable à celui tenu par Hong Kong en Chine. Il bénéficie également de la licence d'importation Adidas en Libye et tente d'investir dans le cinéma américain.
En parallèle, il détient le grade de colonel des forces armées libyennes au sein desquelles il prend la tête d'une unité d'élite lors de son retour en Libye. Il est nommé à la tête des forces spéciales anti-terroristes mais, du fait de son comportement à l'égard des gradés ainsi que de certains aspects de sa vie privée, il est privé de son poste en 2007. Mouammar Kadhafi ordonne alors l'arrestation de son fils, qui se réfugie en Italie, et ne revient en Libye qu'après plusieurs mois d'exil. Saadi Kadhafi ne retrouve ensuite plus de poste d'envergure dans la hiérarchie militaire libyenne, au sein de laquelle il est supplanté par son frère Moatassem.
Rôle dans la première Guerre civile libyenne
À la mi-février 2011, au début de l'insurrection contre le régime de Kadhafi, il est envoyé par son père réprimer le soulèvement de Benghazi, mais retourne rapidement à Tripoli. Un soldat assure en mars avoir entendu Saadi Kadhafi ordonner de tirer sur la foule; ce que l'intéressé dément. Durant les combats contre les insurgés, Saadi Kadhafi commande une petite brigade de 500–700 hommes des forces loyalistes. Il participe à la troisième bataille de Brega mais, légèrement blessé, il rentre à Tripoli le 10 avril 2011.
Le 31 août 2011, il déclare à la chaine saoudienne Al-Arabiya être officiellement mandaté par son père pour négocier avec les combattants insurgés. Il évoque en outre son éventuel ralliement à la « révolution » à condition que sa propre sécurité soit assurée et qu'un véritable gouvernement soit mis en place. Le 4 septembre, interrogé par CNN, il annonce avoir quitté le bastion kadhafiste de Bani Walid et se déclare « neutre » et prêt à négocier ; il rejette en outre la responsabilité de l'échec des pourparlers entre le régime et le CNT sur le discours « agressif » prononcé par son frère Saïf al-Islam Kadhafi.
Fuite au Niger
Le 11 septembre 2011, les autorités du Niger annoncent sa présence sur leur territoire avec une trentaine d'autres personnes proches du régime de Mouammar Kadhafi, dont trois généraux. Saadi Kadhafi lui-même est intercepté en compagnie de huit proches; le Niger déclarant les recevoir pour « raisons humanitaires ». Le lendemain, Saadi Kadhafi est placé en état d'arrestation à Niamey et mis en résidence « sous bonne garde » en compagnie d'autres anciens dignitaires du régime.
Interpol lance un avis de recherche contre Saadi Kadhafi « pour détournement présumé de biens par la force et l'intimidation par les armes à l'époque où le fils du leader libyen dirigeait la Fédération libyenne de football » et « En tant que commandant d'unités militaires soupçonnées d'avoir participé à la répression de manifestations de civils durant le soulèvement en Libye». Le 29 septembre 2011, le Niger refuse de l'extrader; les autorités nigériennes précisent que « si ce monsieur ou une autre personne sont poursuivis par un tribunal indépendant (...) qui a une compétence universelle de connaître des crimes quelconques pour lesquels ils sont poursuivis, alors le Niger fera son devoir ». Le 11 novembre, le Niger annonce son intention d'accorder l'asile à Saadi Kadhafi « pour des raisons humanitaires ».
En février 2012, Saadi Kadhafi accorde à Al-Arabiya une interview dans laquelle il prédit un soulèvement contre le nouveau pouvoir en libye et annonce son intention de revenir en Libye. En réaction, les autorités libyennes réclament son extradition ; le gouvernement nigérien estime quant à lui que Saadi Kadhafi a, par ces déclarations, « violé les conditions de son accueil ». Dans les jours qui suivent, Saadi Kadhafi est mis en résidence surveillée et privé de ligne téléphonique. Il dispose ensuite davantage de libertés de mouvements et, bien que toujours surveillé par la police nigérienne, mène durant plus de deux ans une vie mondaine, en fréquentant assidûment les boîtes de nuit de Niamey. Le 6 mars 2014, il est extradé par le Niger vers la Libye et incarcéré à Tripoli.
Son procès s'ouvre le 14 avril 2014 à Tripoli, en même temps que celui de son frère aîné Saïf al-Islam (aucun des deux n'étant présent, Saadi, récemment extradé par le Niger, faisant l'objet d'autres investigations et Saïf étant toujours retenu par une brigade, à Zintan). Le Figaro note que l'organisation de l'audience illustrait l'« amateurisme du système judiciaire libyen » (presse tenue à l'écart, avocate n’ayant pas pu avoir accès au dossier de son client ni pénétrer dans la salle d'audience, visioconférence défaillante, etc.).
Adjuvant KRIBIOS-KAUTA
À suivre