Sur la trace indélébile de la célèbre actrice et mannequin maroco-sénégalaise Halima Gadji.

Sur la trace indélébile de la célèbre actrice et mannequin maroco-sénégalaise Halima Gadji.

Nous ne cesserons de rendre Hommages à la célèbre Halima Gadji, une icône des écrans qui s'en est allée très tôt dans l'au-delà. Le 26 janvier 2026, à Paris (France), les rideaux sont tombés, et derrière Halima Gadji, l'une des figures les plus marquantes de l'audiovisuel dans la sous-région, joue sa dernière pièce. L'actrice sénégalo-marocaine est décédée à l'âge de seulement 36 ans et 5 mois, laissant derrière elle une œuvre intense, parfois controversée. Halima Gadji laisse une œuvre brève mais puissante. Après "Tundu Wundu" d'Abdoulahad Wone, elle s'est fait connaître dans d'autres séries à succès comme "Sakho et Mangane", une création originale diffusée sur Canal + et "Le futur est à nous" de Samantha Biffot et Olivier Szulzynger. Pour beaucoup, elle restera Marème Dial, l'héroïne clivante de la série Maîtresse d'un homme marié.Halima Gadji Née le 25 août 1989 à Dakar, la capitale du Sénégal, d'un père sénégalais et d'une mère maroco-algérienne, Halima Gadji grandit dans la communauté marocaine au Sénégal au carrefour de plusieurs cultures. Cette appartenance multiculturelle a très tôt forgé son rapport avec le monde, son regard sur l'extérieur. Cette sensibilité l'a accompagné tout au long de sa vie et de sa carrière cinématographique.

Son parcours n'est pas celui d'un chemin balisé, puisqu'elle quitte l'école très jeune, en classe de 5e secondaire, animée par la seule conviction intime de devenir actrice. Malgré son handicap naturel de bégaiement, perçu par certains comme un obstacle insurmontable, Halima Gadji a fait preuve de résilience et de détermination. A travers la rue, elle apprend ce que l'école n'a jamais réussi à lui inculquer. C'est là qu'elle a appris à affronter les autres, à parler, à travailler.

De l'ombre à la lumière

Halima Gadji a subi toutes les violences qu'une société pouvait exercer sur ses membres. Avant la reconnaissance, il y a eu les castings ratés, les refus, du fait de son bégaiement. Elle débute comme mannequin à l'âge de 15 ans, apparaît dans des publicités, puis décroche des rôles dans des productions locales.

Au fil des années, elle enchaîne les publicités à la télévision. Ses premiers pas dans le cinéma sont marqués par son rôle dans Tundu Wundu, mais aussi Sakho & Mangane, créée par Jean Luc Herbulot. Cette série précitée est disponible sur la plateforme de streaming Netflix.

C'est Abdoulahad Wone, réalisateur de "Tundu Wundu" qui lui donne son premier grand rôle dans une série , malgré son handicap. Sa volonté de réussir, de se détacher du lot a été le viatique de Halima Gadji. Peu à peu, elle apprend à dompter sa voix, son corps, ses silences. Son jeu se construit dans la retenue, le regard, l'intensité.

Et puis, la consécration arrive avec "Maîtresse d'un homme marié". Le personnage de Marème Dial, femme ambitieuse, assumée, transgressive dans une société conservatrice, provoque un séisme médiatique. La série devient un phénomène. Halima Gadji, devient malgré elle un symbole. Mais incomprise.

Le poids d'un rôle, la confusion entre fiction et réalité

Par son rôle dans "Maîtresse d'un homme marié", Halima fait vite face à une violence inattendue. Elle est jugée par la société qui l'a vu naître et grandir. Elle subit des insultes, des jugements moraux, des attaques personnelles. Une bonne partie du public la confond au personnage qu'elle incarne dans le film. Halima encaisse, explique, résiste, avec beaucoup de difficultés. Elle rappelle, inlassablement, que le rôle d'un acteur est de poser des questions, pas de rassurer.

Toutefois, l'homme qui lui a donné sa première chance au cinéma rappelle que cette controverse née de son rôle dans Maitresse d'un homme marié lui a ouvert les portes du succès. "Cela lui a permis de se démarquer et de s'identifier. Ce rôle-là lui a permis d'être connue partout dans le monde, de faire le tour du monde", dit-il.

"Donc, si les gens au fond n'aimaient pas, elle n'allait pas avoir autant de succès. Par conséquent, je pense qu'elle a bien fait son travail et c'est ça qui est le plus important", soutient Abdoulahad Wone. "En tout cas, (…) elle aimait les défis. Elle ne craignait pas de se surpasser pour satisfaire le réalisateur. C'était une de ses qualités", renchérit-il.

Ce courage lui a valu le respect de ses pairs puisqu'elle reçoit en 2020 le prix de la meilleure interprétation féminine aux Sotigui Awards. La reconnaissance de son talent a largement dépassé les polémiques et les clichés sociaux.

Une combattante de la santé mentale

En 2021, dans Don't Call me Fire, un film documentaire réalisé par Oualid Khelifi et produit par l'agence Anzul, Khalima Gadji aborde la question de la santé mentale, de la dépression et des traumatismes mais aussi de l’identité, de la race, du fait de grandir entre deux cultures.

Halima Gadji est une actrice et réalisatrice sénégalaise très populaire dans l’industrie du divertissement. Elle est considérée comme l’une des stars les plus influentes du Sénégal, avec une base de fans dévouée. En tant que personnalité publique, les actions et les choix de Halima Gadji ont eu un impact significatif sur ses fans et la société en général. Son frère, Kader Gadji est acteur également. Il joue avec elle le rôle de Birame dans la série Maîtresse d'un homme marié.

Mort tragique

Mère d'une fille née en 2010, Halima Gadji tire sa révérence la nuit du lundi 26 janvier 2026 lors de ses séjours à Paris (France). Quelques heures avant sa mort, Halima Gadji a publié un message lié à un projet culturel, appelant de jeunes talents à se manifester. Comme si, jusqu'à son dernier souffle, elle était restée fidèle à ce qu'elle avait toujours été : une éclaireuse. Son enterrement rassemblant des milliers des personnes a eu lieu le mercredi 28 janvier 2026 au cimetière musulman de Yoff, à Dakar, la capitale sénégalaise.

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