L'unique africain sacré Ballon d'or, parlons du parcours footballistique de George Weah.
Tout en sachant qu'il est un homme d'État libérien et président de la république du Liberia de 2018 à 2024, George Weah est un footballeur international très bien réputé. Attaquant de renom au sein de l'AS Monaco, du PSG puis de l'AC Milan, il remporte en 1995 le Ballon d'or récompensant le meilleur joueur évoluant en Europe. Il est le premier joueur non européen à remporter ce trophée, de fait le premier pour une nation africaine et le deuxième originaire du continent africain après Eusébio. Il est également le premier ancien footballeur professionnel de premier plan à devenir chef d'État. Kribios Universal vous parle du parcours footballistique de l'unique Ballon d'or du continent noir.
D'abord, George Weah a un long nom. Il s'appelle George Tawlon Manneh Oppong Ousman Weah qui voit le jour le 1er octobre 1966 à Monrovia, capitale de Liberia. Il est issu du groupe ethnique krou, alors que le pays est dominé par les descendants d'esclaves américains, qui fondèrent le Liberia au 19ième siècle. Né dans une famille pauvre, il est élevé à la dure par sa grand-mère dans un bidonville de Monrovia.
George Weah commence sa carrière de footballeur dans son pays natal. Formé au Young Survivors entre 1981 et 1984, puis à Bongrange Company (1984-1985), il joue par la suite à Mighty Barolle (1985-1986) et Invincible Eleven (1986-1987), les deux plus grands clubs libériens, avant de rejoindre le club ivoirien Africa Sports en 1987 puis le club camerounais du Tonnerre Yaoundé en 1988. La même année, âgé seulement de 22 ans, il est repéré par Claude Le Roy, alors entraîneur du Cameroun, qui le met en contact avec l'AS Monaco.
AS Monaco (1988-1992)
George Weah débute en première division du football français le 17 août 1988 sous les couleurs de l'AS Monaco (champion de France en titre) par une défaite face à l'AJ Auxerre. Entraîné par Arsène Wenger, l'ASM parvient avec Weah à décrocher la coupe de France en 1991 face à l'Olympique de Marseille. En 1992, Weah et ses coéquipiers atteignent la finale de la Coupe des coupes, mais échouent face aux Allemands du Werder Brême. Il s'impose comme un buteur hors pair alliant vitesse, puissance et efficacité. Déçu par la finale de coupe d'Europe perdue par le club monégasque, il décide de rejoindre le PSG durant l'été 1992.
Paris Saint-Germain (1992-1995)
À Paris, Weah s'impose comme le meilleur buteur du club en championnat lors de la saison 1992-1993 pendant laquelle le PSG atteint la demi-finale de la Coupe UEFA, éliminé par la Juventus. La saison 1993-1994, le PSG est champion de France et de nouveau demi-finaliste européen, mais cette fois-ci en Coupe des Coupes, face à Arsenal. Weah ne dispute pas le match retour à la suite d'un choix tactique d'Artur Jorge. Le PSG est battu 1-0 et éliminé.
La saison suivante, en Ligue des Champions, le PSG entraîné par Luis Fernandez effectue un parcours sans faute en poule (six victoires en six rencontres) durant lequel Weah inscrit plusieurs buts, notamment à l'Olympiastadion de Munich, où il élimine quatre adversaires avant de tromper Oliver Kahn. Le PSG élimine ensuite le FC Barcelone de Johan Cruyff en quarts de finale. George Weah inscrit le but égalisateur au Camp Nou lors du match aller (1-1). Au tour suivant, PSG est éliminé une troisième fois de suite au stade des demi-finales, cette fois-ci par le Milan AC. L'équipe termine troisième en championnat et remporte les deux coupes nationales, dont la toute nouvelle coupe de la Ligue.
Sur toute la durée de son contrat avec le PSG, Weah inscrit 55 buts en 137 matchs, dont 8 buts en C1 lors de la saison 1994-1995 (il restera le meilleur buteur du club en coupe d'Europe jusqu'à ce que Zlatan Ibrahimović le rattrape en 2015). Weah est naturalisé français durant son passage à Paris, ce qui ne l'empêche pas d'être la vedette de l'équipe du Liberia. Il est alors sollicité par l'AC Milan et accepte de rejoindre les rangs milanais. Il quitte la capitale française un an avant la victoire du PSG en Coupe des coupes. Ses coéquipiers dans la capitale se souviendront d'un homme généreux, à l'image de Vincent Guérin racontant que le Libérien récupérait les plateaux repas non-utilisés afin de les offrir à des SDF.
En 2011, participant au jubilé de Bernard Lama, George Weah déclara qu'il ne conservait pas un bon souvenir du Parc des Princes, gardant en mémoire une banderole raciste qui a accompagné son dernier match pour le PSG.
Consécration en Italie (1995-2000)
George Weah signe pour l'AC Milan en 1995. Dès la première année, quelques mois après son arrivée il est récompensé par le Ballon d'or, notamment pour ses bonnes prestations avec le PSG en coupe d'Europe. Il est le premier joueur non-européen à recevoir cette récompense. Actuellement, il est toujours le seul Africain à avoir reçu cette récompense.
Pour sa première saison en Italie, le parcours en Coupe UEFA du Milan s'achève en quarts de finale contre les Girondins de Bordeaux (il jouera le match retour malgré une main cassée lors d'un contact avec Lizarazu). La campagne européenne suivante est encore moins bonne, puisque les Rossoneri sont sortis en phase de groupes de la Ligue des champions, terminant derrière Porto et Rosenborg. En novembre 1996, Weah casse le nez de Jorge Costa dans le tunnel de l'Estádio das Antas. Il indiquera que le joueur portugais lui avait tenu des propos racistes et écopera de six matchs de suspension en coupe d'Europe pour ce geste.
Weah passe plus de quatre saisons en Italie, côtoyant en attaque des joueurs tels que Savićević, Baggio, Dugarry, Kluivert, ou Bierhoff, remportant deux titres de champion en 1996 et 1999. Durant ses trois premières saisons, il termine meilleur buteur de son club, avant d'être dépassé par l'attaquant allemand en 1998-1999. Cette saison-là, Leonardo marque plus que lui également. À l'été 1999, il revient au Parc des Princes pour un match amical (Tournoi Opel Masters) où il croise la nouvelle vedette africaine du PSG : Jay-Jay Okocha. Il vit alors ses derniers moments avec l'AC Milan. En effet, l'arrivée en 1999-2000 d'Andriy Chevtchenko réduit son temps de jeu et l'attaquant libérien ne marque plus que trois buts avant de quitter la Lombardie durant le mercato hivernal. Pour sa dernière campagne européenne, il retrouve la Ligue des champions, mais ne dispute qu'un match le 3 novembre 1999. Sur la pelouse du stade Ali-Sami-Yen il ouvre le score, mais son équipe s'incline contre Galatasaray (3-2) et termine dernière de son groupe.
Passage en Angleterre (2000)
En 2000, Weah rejoint Chelsea, pour un prêt en Premier League. Pour son premier match sous les couleurs des Blues, il inscrit le but victorieux de son équipe lors du derby contre Tottenham. Malgré une victoire en coupe en 2000, son entraîneur Gianluca Vialli ne souhaite pas le conserver et le joueur retourne à Milan. Le 1er août 2000, il retourne en Angleterre et rejoint le club promu de Manchester City. Après une demi-saison où il estime que Joe Royle le met trop souvent sur le banc, Weah décide de quitter le club alors qu'il s'était engagé pour deux saisons. Il décide alors de se consacrer à son équipe nationale et investit son propre argent pour aider l'équipe, mais échoue à un point de la qualification pour la Coupe du monde 2002.
Retour en France et retraite sportive (2000-2005)
Après avoir résilié son contrat à Manchester, Weah revient en France à l'Olympique de Marseille, qui est alors en crise et voit se succéder les entraineurs (Abel Braga, Javier Clemente, Albert Emon, Tomislav Ivić). Cette arrivée est facilitée par le directeur sportif Marcel Dib qui avait connu le joueur lorsqu'ils étaient tous deux à Monaco. Weah débute avec l'OM le 22 octobre 2000 face au LOSC (défaite 0-1). Pour son deuxième match, il marque un but précieux à Strasbourg (1-1). Contre Saint-Étienne, Monaco et Sedan, ses réalisations permettent ensuite de l'emporter de justesse (à chaque fois 2-1). Le 17 février 2001, il recroise une dernière fois le PSG. Au cours de cette rencontre, il délivre une superbe balle en profondeur que Bakayoko pousse au fond des filets (victoire 1-0 de l'OM). Ses quelques mois passés en Provence et ses cinq buts marqués permettent au club de se maintenir de justesse. Il quitte alors le championnat français pour les Émirats arabes Unis en 2001. Il joue quelques matchs pour Al Jazira de 2001 jusqu'en 2003. Le 11 juin 2005, George Weah fête son jubilé au stade Vélodrome, avant de se consacrer à la politique.
Désigné meilleur joueur africain de l'histoire par France Football en 2019, l'année 1995 a été rose et magique pour George Weah est d'abord le meilleur buteur de la Ligue des Champions en 1995 (8 buts) avec le Paris Saint-Germain. Puis, en dehors de son Ballon d'or, il est élu joueur de l'année par la FIFA, joueur africain de l'année, meilleur footballeur de l'année FIFA, Onze d'or et footballeur africain de l'année par la BBC. Sacré Ballon d'or africain en 1989 et en 1994, il est élu Onze d'or et 2ième meilleur footballeur de l'année FIFA en 1996. Il est nommé au FIFA 100 en 2004.
À l'issue de sa carrière sportive et de la deuxième guerre civile libérienne, il se lance en politique en 2005. Plusieurs fois candidat-président, puis sénateur, George Weah est élu président de la République du Liberia à l’issue du second tour de 2017. En 2018, une fois devenu président du Liberia, George Weah décore ses anciens coachs Arsène Wenger et Claude Le Roy de la plus haute distinction de son pays. Le maître de cérémonie déclare alors : « Votre rôle positif a non seulement marqué la carrière et la vie de nombreux joueurs africains, mais aussi celles d'une génération entière de jeunes Libériens qui ont fait du président Weah un exemple ».
En septembre 2018, à 51 ans, il joue un match amical du Liberia contre le Nigeria. À l'issue de cette rencontre, son numéro 14 est retiré par la fédération. En 2022, le magazine So Foot le classe dans le top 1000 des meilleurs joueurs du championnat de France, à la 36e place. Briguant un second mandat lors de l'élection présidentielle de 2023, il est battu de justesse au second tour par Joseph Boakai, son adversaire de 2017. À noter qu'avant Weah, le président algérien Ahmed Ben Bella a aussi été footballeur professionnel mais n’a jamais été un joueur de premier plan de son équipe, l’Olympique de Marseille, où il a joué durant la saison 1939-1940.
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À suivre